CR Marathon de Paris 2018

Il est là le fameux compte-rendu du Marathon de Paris 2018, mon tout premier marathon. Après douze semaines de préparation, j’ai pris le départ de ces 42,195km le 8 avril 2018 à 9h08 précisément. Ce fut une belle aventure, une belle leçon, un dépassement de moi-même comme je ne l’aurais imaginé. Il me tardait de vous partager ce compte-rendu

Mon tout premier marathon : état d’esprit

Il ya un an, alors que j’accompagnais Louise avec Estelle et Julie sur les 17 derniers kilomètres du Marathon de Paris, j’étais très loin d’imaginer que je ferai l’édition 2018. J’ai eu un déclic en commençant ma deuxième saison d’athlétisme en septembre dernier. Quel serait mon défi cette année ? J’ai alors songé au marathon, j’ai hésité, beaucoup hésite puis Damien, mon copain, m’a alors offert le dossard pour mes 27 ans.

J’étais plutôt confiante sur ce nouveau défi, je m’entraînerai alors avec le club d’athlétisme. Je savais que j’allais avoir une préparation cadrée, ce qui m’aiderait. Dès que j’ai eu mon dossard, en nombre 2017, j’ai commencé à faire des sorties longues le weekend. Entendez 12 à 15 kilomètres minimum. Ce qu’il faut savoir, c’est que je détestais les sorties longues (notez que c’est désormais à l’imparfait !), il me fallait alors me mettre dans le bain le plus tôt possible !

Voilà, comment je me suis retrouvée sur la ligne de départ dimanche 8 avril 2018.

J-1 : Salon du running et repos

Avec Damien, nous avions prévu de récupérer mon dossard ensemble la veille au Salon du Running. Je vous épargne le monde fou qu’il y avait, mais en y allant le samedi nous étions préparés à la chose. Organisation au top néanmoins ! Le retrait du dossard se fait très rapidement. C’est donc le dossard en main que je profite pleinement du salon, je suis telle une enfant à Disneyland. Enfin, pendant 30 minutes… Après je me sens complètement exténuée avec la foule. Nous ne nous attardons pas plus.

L’après-midi ne sera que repos entre sieste, rangement à la maison et préparation d’un bon banana bread pour le petit déjeuner avant course. Mes parents arrivent le soir, je suis contente de savoir qu’ils seront là demain.

En début de soirée avec Damien et mes parents, on s’organise pour se « retrouver » sur les différents kilomètres du parcours. Damien a prévu de venir avec son vélo, ravitaillement avec lui, il est prévu qu’il soit présent au kilomètre 5, 12, 20, 25/26, et vers le 38/39. Mes parents quant à eux seront aux alentours du 31ème kilomètre.

Le parcours :

Le soir, j’essaie de me détendre en écoutant une vidéo de méditation pour runners, fortement recommandée par Anaïs.

Mon état d’esprit ? L’inconnu. Honnêtement, je ne me rends pas compte que le départ est demain. Je suis dans le flou le plus total. À 22H30, je me couche.

Jour J : le départ

Le réveil sonne à 6h20. Un peu stressée, je me lève directement. Une bonne douche, un peu de banana bread (je me force à manger, mais je n’ai aucun appétit), j’enfile ma tenue, prépare mes affaires, me coiffe, et me voilà prête à 7H50. J’avais prévu de passer à l’espace ASICS (je courrais sous les couleurs Asics qui m’a accompagné tout le long de ma préparation marathon. Pour en savoir plus sur ma préparation, c’est à retrouver par ici) pour faire un petit coucou à tout le monde avant le départ, mais finalement je n’aurais pas le temps. Mon départ étant à 9h00.

Je pars toute seule rejoindre les Champs Elysées. Je sors du métro, il est 8h30. La lumière sur les Champs Elysées est magnifique, il y a une atmosphère magique. En remontant l’avenue pour rejoindre mon SAS, j’ai la chance d’assister au départ officiel du marathon. C’est beau. J’ai limite les larmes aux yeux, je commence à réaliser que j’y suis enfin, c’est le jour J, je vais enfin courir ce fameux marathon que je prépare depuis des semaines.

8h45. Je finis par retrouver la team Asics qui se trouve dans le même SAS que moi 3h45. Poke Lucie, Judith et Julie. Normalement, je suis sur la même allure que Judith et Julie, je prendrai donc le départ avec elles pour tenter de les suivre.

Il y a un monde fou. Nous attendons le départ pendant presque 20 minutes. On commence à voir un mouvement de foule, le départ du SAS 3h45 semble avoir été donné.

9h08. Je passe la ligne de départ. C’est parti !

Les 5 premiers kilomètres

Je me sens hyper bien pendant ces 5 premiers kilomètres. Julie et Judith sont sur la même allure que moi à peu près, je vais donc tâcher de les suivre ou de rester le plus proche d’elles. Le plus difficile dans ces 5 premiers kilomètres est de ne pas aller trop vite, c’est si tentant, cette avenue des Champs Elysées, avec ce soleil, l’impression que Paris est à nous c’est beau et ça donne des ailes !

Judith et Julie

J’arrive à me tenir à l’allure prévue : 5’20, les filles sont derrière, je vérifie histoire de ne pas les perdre de vue. Je croise Mathilde sur le parcours, ça me fait hyper plaisir de la voir, car l’année dernière j’avais suivi son marathon et sa préparation avec plaisir. Elle me dit qu’elle est sur une allure de 5’40, et me dit de « rouler » et d’y aller !

J’attends le 5ème kilomètre avec impatience pour donner mon tee-shirt à manches longues à Damien qui m’attend là-bas. Il n’est que 9h mais il fait déjà bon. Juste avant de passer ce fameux kilomètre, il m’envoie un message que je peux lire sur ma montre (il est au 5ème kilomètre à ma gauche). Ça me rassure, j’ai hâte de le croiser.

Le 5ème kilomètre arrive mais impossible de le trouver. Je panique un peu : vais-je devoir rester avec ce tee-shirt sur mes épaules encore quelques kilomètres ? Il m’envoie un message pour me dire qu’il m’a loupé… C’est hyper chouette de pouvoir lire ses messages, mais hyper frustrant de ne pas pouvoir répondre. Nous nous étions fixés un point de rendez-vous au 12ème et au 20ème kilomètre, il me reste donc 7  kilomètre avant de le retrouver. Au fond, j’angoisse un peu de le louper à nouveau.

Sur ce 5ème kilomètre a lieu le premier ravitaillement. J’attrape une bouteille d’eau, il commence à faire chaud, l’hydratation dès ce kilomètre ne sera pas de trop. Pas de problème pour attraper cette bouteille. Je bois quelques gorgées avant de jeter ma bouteille, je déteste être encombrée.

1km  5’18
2km 5’14
3km 5’20
4km 5’13
5km 5’09

 

Du 5ème au 10ème

J’espère vraiment croiser Damien au plus vite mais aucune nouvelle… Je poursuis donc ma course, je me sens vraiment bien, j’ai un bon rythme mais tente de garder les 5’20 fixés (et ce n’est pas toujours évident). Le parcours est plutôt chouette, et je ne connais pas vraiment ce coin de Paris. J’observe et profite, j’apprécie. Plus on avance, et plus on se rapproche du Bois de Vincennes, cela me rappelle une sortie longue avec la team ASICS réalisée il y a quelques semaines.

Je commence à sentir un peu ma cheville gauche. Rien de douloureux mais j’appréhende un peu que ça se réveille plus tard dans la course…

Kilomètre 9 : Je commence à avoir soif, dans ma tête j’espère que le ravitaillement va bientôt arriver. Toujours aucune nouvelle de Damien, j’espère toujours qu’il sera là au 12ème kilomètre.

Je suis seule et rien à signaler j’ai la forme ! Je passe le 10ème kilomètre en 52 minutes.

6km 5’25
7km 5’21
8km 5’25
9km 5’05
10km 5’21

Du 10ème au 15ème

Nous arrivons dans le Bois de Vincennes, pour autant nous sommes sur les grandes avenues du Bois et pas vraiment protégé du soleil. Le deuxième ravitaillement a lieu aux alentours du 11ème kilomètre, mais cette fois je n’arriverai pas à attraper une bouteille, il y a beaucoup trop de monde. Je commence à paniquer… Je n’ai pas réussi à prendre une bouteille d’eau, et je n’ai pas de nouvelles de Damien qui a les ravitaillements perso. J’espère de tout coeur qu’il sera présent au 12ème kilomètre… mais je n’attendrai pas de savoir s’il sera là. Je finis par demander à une fille si elle va terminer sa bouteille, elle me dit que non et me la passe gentiment. Je la remercie plutôt deux fois qu’une ♥

Kilomètre 12 : il n’y aura personne… Pas de Damien en vue. C’est difficile psychologiquement. Tous nos plans sont tombés à l’eau. Il va falloir que j’attende le 20ème kilomètre pour le voir. Il sera d’ailleurs accompagné d’un copain Guillaume. Le temps va être long !

Hop, ma montre sonne j’ai une notification. Ce n’est pas Damien mais Johanna, une amie, qui m’envoie un petit message pour me dire qu’elle pense à moi (je ne pense pas qu’elle savait que je pourrai lire mes messages durant la course) mais ça me donne un peu de motivation dans cette phase un peu molle de la course.

Point physique et moral : Je suis toujours bien. Je tiens le rythme, je ne suis pas du tout épuisée. J’espère juste que mon corps va supporter tous ces kilomètres. Je reçois un message de Damien pour me dire que l’application bug et que je suis restée au 10ème kilomètre, il me prévient qu’il sera au 17ème kilomètre avec Guillaume. Me voilà motivée ! J’ai hâte de les croiser (et de lui redonner mon tee-shirt à manches longues que j’ai avec moi sur le dos depuis le départ).

11km 5’15
12km 5’31
13km 5’28
14km 5’24
15km 5’32

Du 15ème au Semi

Kilomètre 16 : C’est le renouveau ! Non seulement, il y a un ravitaillement, je fais mon stock de bouteille et plus de ça j’entends mon nom, c’est Julie et Judith qui me rattrapent. Quel bonheur de les retrouver, je commençais à me sentir un peu seule ! Je vais essayer de rester avec elles.

Kilomètre 17 : Ma mission va être de repérer Damien et Guillaume qui sont à priori (merci la montre connectée) à côté du drapeau américain à ma droite. Je ne vois pas de drapeau américain mais un drapeau australien, et celui-ci est du côté gauche de la route. Nous y sommes pas du tout donc !

Le voilà je le vois ce fameux drapeau au loin, et je vois Damien aussi ! Je suis tellement contente, je lui donne mon tee-shirt, il me propose une bouteille, mais pour le coup j’ai déjà ma bouteille du ravitaillement. Surplus de ravitaillement cette fois ! Guillaume est quelques mètres plus loin. Il me donne 3 pompotes ! Ça fait beaucoup, j’en prends une avec moi, et je glisse les deux autres dans mon petit sac de course.

Il commence à faire vraiment chaud, comme le souligne Judith : quel est l’intérêt de courir dans le Bois de Vincennes, si nous n’avons pas l’ombre des arbres pour courir ?

Kilomètre 19/20 : Plus on se dirige vers Paris, et plus il y a du monde. Ça fait du bien, ça devenait un peu long cette partie dans le bois. Je suis toujours avec la team ASICS du début, je les accroche mais au fond je sens qu’ils vont un peu vite pour moi, je commence à me sentir moyennement bien. Je les lâche et choisi de ralentir car je sens que ma cheville est de plus en plus douloureuse, la douleur remonte dans le genou.

Petite pensée pour Marie et Julie du Happy Running Crew que je croise et qui m’encouragent. Ça fait chaud au coeur.

Point physique : En plus d’avoir mal côté gauche (cheville et genou), je commence à avoir du mal à respirer. Je ne comprends pas du tout… C’est la première fois que je ressens une telle douleur. Je finis par déclipser mon sac. Au bout de quelques mètres, la douleur a disparu… Les pompotes ajoutées dans mon sac devaient être trop lourde et m’empêcher de respirer correctement (il s’agit d’un tout petit sac pas vraiment adapté pour autant de poids).

Kilomètre 21 : Je fais le 21ème kilomètre en 5’44.. Ça y est, mon allure en prend un coup. J’ai de plus en plus mal, il faut donc que je ralentisse.

16km 5’25
17km 5’32
18km 5’13
19km 5’22
20km 5’40
21km 5’44

Du semi au 29ème

Semi : L’arche du semi est là, je la passe plus ou moins seule, je vois la team ASICS devant, et dans la douleur. Je commence à m’inquiéter. Il me reste encore la moitié, et la douleur ne cesse de s’intensifier. Je n’ai jamais couru plus de 28 kilomètres, l’inconnu va arriver… Je reçois un message de Damien me disant que j’ai une bonne allure. Je me dis qu’il ne doit pas me voir en temps réel, car là depuis 2 kilomètres, ça dégringole.

Il y a un ravitaillement juste après le semi, je prends de l’eau.

Kilomètre 22 : Damien m’envoie un message pour me dire de me mettre à droite. Il est là au 22ème, je le vois, je lui fais comprendre que j’ai mal, je fais la tête, j’ai perdu mon sourire, la souffrance a pris place sur mon visage. Encore une fois, je ne prends pas d’eau car j’ai déjà pris une bouteille au ravitaillement (décidément nous nous sommes pas du tout coordonnés niveau ravitaillement !).

J’entends mon nom, je me retourne, c’est Lucie qui est derrière. Petit élan de motivation. Ça me redonne le sourire de voir son visage.

Arrivent les fameux tunnels, c’est encore plus douloureux pour mon genou gauche. La douleur devient de plus en plus intense, elle remonte désormais dans la hanche.

Kilomètre 25 : Kilomètre de la mort qui se déroule dans un long tunnel dans lequel nous sommes accueillis avec une arche « Welcome to the hell/ Bienvenue en enfer ». Au fond, le jeu de mot est sympa. Dans la réalité de l’instant présent, je le vois pas vraiment comme ça, je souffre trop pour en rire, je commence vraiment à vivre l’enfer. Ce tunnel sera long, très long. Pratiquement tout le kilomètre dans le noir.

Je reçois un message de Damien il sera à la sortie du tunnel.

Kilomètre 26 : Je vois Damien, je m’arrête, j’ai envie de pleurer de douleur, il me donne de l’eau. Je lui dis une phrase qui me fait mal au coeur « Je veux abandonner ». Il me motive à nouveau. Je reprends, et c’est que commence une nouvelle course, le mental prend le dessus. Je commence à me couper du monde pour oublier la douleur. Je ne vois plus les kilomètres passer.

Kilomètre 27 : Après être passée sous un jet d’eau pour me rafraîchir, mon oreille gauche s’est bouchée (vous voyez, il s’en passe des choses sur un marathon). Franchement, c’est hyper désagréable comme sensation mais je me plonge encore plus dans ma bulle.

Point moral : C’est difficile. En plus, de la souffrance je comprends que je ne réaliserai pas l’objectif fou de 3h45/50. Je vais essayer de tenter les -4 heures, mais ça sera difficile. Je me rends compte que le pire est à venir.

22km 6’24
23km 5’46
24km 6’00
25km 5’45
26km 6’02
27km 7’06

Du 28ème au 35ème

C’est le trou noir dans ma tête. Le 29ème kilomètre avec la Cheers Zone ASICS sera bientôt là !

Kilomètre 29 : Ils sont là, la team ASICS, je les entends mais je n’arriverai pas à me reconnecter avec l’extérieur pour leur faire un signe. Je suis vraiment dans un état second, où la douleur a pris le dessus. Ce sont les yeux rivés sur la route que j’ai néanmoins entendu quelques « Allez Camille ! ». Je suis triste de ne pas avoir réussi à relever la tête pour leur faire un signe.

Elles sont là ! Mes copines d’athlétisme : Justine, Delphine et Aurore qui arrivent pour terminer le marathon à mes côtés. Bonheur intense malgré la souffrance qui m’envahie. À peine arrivée, ça me fait un peu fou de leur dire à quel point je souffre. Elles me re-motivent et me disent que ça va aller. Les filles ont déjà fait un marathon, elles connaissent cette souffrance. Je suis tellement contente de les retrouver, ça me motive.

Quelques mètres plus loin j’aperçois Benjamin, Bénédicte et Christelle du Happy Running Crew qui m’encouragent. Bénédicte me rejoint également pour finir cette course. Quelle chance j’ai d’être si bien entourée pour terminer mon premier marathon : 4 copines, 4 soutiens.

Kilomètre 30-35 : Sur le côté, j’ai un 5ème supporter puisque Damien est là avec son vélo ! La douleur gauche s’est étendue aux deux cuisses qui sont désormais lourdes. Elles sont tellement lourdes que j’ai de plus en plus de mal à avancer. Chaque pas est douloureux. Je suis censée voir mes parents au 31ème kilomètre, mais je ne les verrai jamais.

Aurore me propose sa casquette, j’accepte avec grand plaisir ! Quel amour. Les filles sont d’un soutien moral sans faille, elles s’occupent des ravitaillements, m’encouragent.

Je m’arrête à plusieurs reprises, pas longtemps, mais pour m’étirer. Je n’ai pas le temps de rester immobile, elle me dise « allez il ne faut pas t’arrêter! ». J’obéis.

Je croise Justine du Happy Running Crew pour la deuxième fois, elle est d’une motivation parfaite !

Point moral : Je tente tant bien que mal de m’accrocher. Il va être compliqué de faire moins de 4 heures, mais j’en arrive même à me demander si je vais arriver un jour à atteindre cette ligne d’arrivée…

28km 5’53
29km 5’52
30km 5’59
31km 5’47
32km 6’28
33km 6’39
34km 6’57
35km 6’00

 

Du 36 au 42ème

Cette dernière partie de la course sera la plus courte sur ce CR, la plus douloureuse lors de la course, et celle dont je me souviens le moins. Il se s’est rien passé. J’ai juste avancé, avancé dans la souffrance, avalé les kilomètres en faisant le décompte dans ma tête. C’est la première fois de ma vie que je me déconnecte autant de la réalité, je suis dans un état second, j’ai compris ce que voulais dire « tu finiras ton marathon, au mental si le faut ». J’étais vraiment dans un état second.

Vous savez ce qui est le difficile ? Ma montre avance de 300 mètres. À chaque nouveau kilomètre, en réalité il me reste 300m pour passer le panneau. C’est clairement psychologique, mais je me souviens combien c’était difficile, surtout quand les filles me disaient « C’est bon tu as passé le 37ème ! », dans ma tête  c’était déjà fait depuis quelques temps… (300m c’est long mine de rien).

Kilomètre 38 : Justine me dira « allez plus que 4 kilomètres, c’est ce que tu fais à l’échauffement quand tu n’es pas en retard » en riant. J’ai envie de rire au fond, car je suis toujours en retard pour l’échauffement ! Je fais rarement ces 4 kilomètres.

Damien est toujours là sur le côté, avec son vélo. Je lui ai donné mon sac. Je reçois quelques nouveaux messages de soutiens que je peux lire sur ma montre même si c’est désormais lui qui a mon téléphone. Le fait qu’il soit là me rassure, les filles se disent que j’ai vraiment un copain parfait, c’est vrai j’ai de la chance, et moi je suis là à souffrir je n’arrive même pas à lui sourir…

Kilomètre 39 : J’aperçois ma cousine et son copain qui m’encouragent. Le bonheur de les voir. Encore 3 kilomètres. C’est difficile et long, et pourtant je suis tellement proche.

Kilomètre 42 : Les filles m’abandonnent, je les remercie comme je peux. Elles me disent que c’est la fin et que l’arrivée est derrière le rond point. Finalement, une fois le rond point passé, elle semble encore si loin. Ces derniers mètres auront été les plus longs. Je n’arrive même pas à accélérer pour passer la ligne.
J’aperçois la team ASICS à l’arrivée qui m’encourage.

36km 6’19
37km 6’31
38km 6’03
39km 6’41
40km 6’14
41km 6’07
42km 6’02

 

L’arrivée

Je passe la ligne. C’est le trou noir. Je m’assois. Je n’ai jamais été aussi mal. On vient me prendre par la main en me disant que je ne peux pas rester là sur le côté. Je comprends, sauf que en fait je n’arrive plus à rien faire. Je viens de perdre mon corps.

Je termine en 4h05 et vous savez quoi ? Je suis la plus heureuse du monde, je m’en fiche complètement de ces 3h45/50 voulus. Je n’ai même pas honte d’avoir voulu me fixer cet objectif, je suis tellement heureuse d’avoir continuer malgré la douleur, et d’avoir surtout passé cette ligne ! I DID IT !

Il me faudra plusieurs minutes pour reprendre mes esprits. Je marche, marche et marche tant bien que mal pour prendre ma médaille, puis le tee-shirt finisher, puis je me gave d’orange pour reprendre des vitamines avant de me diriger vers la sortie… Quelle sortie d’ailleurs ?

J’ai fait la plus grosse erreur durant la course ! J’ai donné mon sac à mon copain avec toutes mes affaires personnelles dont mon téléphone. Il me sera impossible de joindre qui que ce soit à l’arrivée. Je tente de rejoindre l’espace ASICS mais impossible de le trouver, une fois à l’Arc de Triomphe, on me dit que celui-ci est en bas, vers l’arrivée… Je n’ai pas la force pour retourner là-bas. J’ai attendu 2/3 heures seule, à espérer croiser ma famille, mes amis, mon copain… J’ai tenté de les joindre comme je pouvais en empruntant des téléphones, mais finalement je ne connais aucun numéro à part le mien.

Je vous épargne les déboires de cette arrivée, mais ce sera mon plus grand regret. Vivre cette arrivée seule dans la souffrance, alors que j’ai été entourée tout le long.

 

Bilan à J+7

Sept jours se sont écoulés depuis le Marathon de Paris. Déjà. Si pendant la course, je me disais « plus jamais ! », finalement je réfléchis déjà à mon prochain marathon. J’ai attrapé le virus !

Ce marathon m’a vraiment permis d’en apprendre plus sur mon corps, mes limites physiques, pour la première fois je me suis surpassée. Je suis allée au-delà, et suis sortie de ma zone de confort. Afin de ne pas rendre cet article plus long qu’il ne l’est déjà, j’envisage de vous faire un article bilan post marathon dans quelques semaines.

Et ma douleur côté gauche ? Mon bassin s’est déplacé, car ma cheville n’est pas toujours dans l’axe. Je suis tout ça à coup de séances d’ostéopathie, et de kiné (pour renforcer et remettre droite ma cheville notamment. La prochaine fois, il faudra que j’anticipe la consultation et ne pas attendre que la douleur se déclenche pour me rendre chez l’ostéopathe).

Je terminerai cet article en vous remerciant pour tous vos messages et en remerciant ASICS pour sa préparation de folie. Sachez que je ne suis pas prête de m’arrêter là et j’ai hâte de partager avec vous de prochains défis !

 

J’espère que ce CR n’aura pas été trop long ♥

 

Photo du Marathon © La Clef Prod / Teddy Morellec

10

5 Commentaires

  1. 15 avril 2018 /

    Tant d’émotions dans cet article. Je te l’ai déjà dit, mais te le redis, je te félicite sincèrement pour ta performance, mais aussi pour toute ta préparation, que j’ai adoré suivre et que tu as très bien mené ! J’espère qu’on aura l’occasion d’en discuter prochainement. Tu as attrapé le virus du marathon, mais vous avez aussi réussi à en motiver d’autres, même avec ces mots et moments parfois durs et douloureux.
    A très vite Camille et encore une fois « UN TRES GRAND BRAVO ! » ♡

  2. Lauréline
    15 avril 2018 /

    Quel beau CR, on a vraiment l’impression d’être avec toi!
    Tu as fais preuve d’un grand mental, bravo ! Et bravo à tous tes supporters ;)
    je te suivais sur l’application mais je t’ai loupé à chaque fois je suis deg !

    Encore bravo ma belle :)

  3. 16 avril 2018 /

    Heureusement que tu n as pas honte !!!! C’est déjà très très bien… et l’important c’est le bonheur et la fierté et de l’avoir partagé avec les autres !

  4. Stephany
    16 avril 2018 /

    Bravo pour ce marathon ! Tu es une guerrière

  5. Cécile
    18 avril 2018 /

    Un compte rendu magnifique j’ai eu l’impression de vivre la course avec toi :)

    BRAVO !!

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